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Combien gagne un kiné ? Salaires, revenus libéraux et charges selon le mode d’exercice

Combien gagne vraiment un kiné en 2026 selon qu’il est salarié ou libéral ? Grille indiciaire, NGAP à 2,21 €, volume d’actes, majorations, charges et cotisations: repères officiels, formules et exemples chiffrés pour estimer votre net sans mauvaises surprises.

Combien gagne un kiné ? Salaires, revenus libéraux et charges selon le mode d’exercice

Combien gagne un kiné en France en 2026 ? La réponse dépend surtout du mode d’exercice. En salariat, la rémunération suit une grille indiciaire. En libéral, le revenu découle des honoraires conventionnels, du volume d’actes et des charges sociales et professionnelles. Voici les montants de référence, les règles actuelles et des exemples chiffrés pour estimer votre net.

Les fondamentaux à connaître avant de parler « salaire »

Le kinésithérapeute salarié perçoit un traitement mensuel brut fondé sur un indice de la fonction publique hospitalière, complété de primes et indemnités selon le poste et la structure. Le kiné libéral, lui, ne touche pas un salaire mais des honoraires payés à l’acte selon la nomenclature (NGAP). Ces honoraires forment un chiffre d’affaires auquel s’ajoutent, selon les situations, des majorations (déplacements, actes spécifiques) et du tiers payant. Le résultat final est un bénéfice après déduction des charges sociales et des frais professionnels.

Pour les libéraux, l’Assurance Maladie publie chaque année des analyses des honoraires sans dépassement (HSD) moyens par kiné et par territoire. Ces HSD n’intègrent ni dépassements, ni autres revenus, mais donnent l’ordre de grandeur de l’activité remboursée par l’Assurance Maladie. Utile pour se situer localement et estimer un potentiel d’activité.

Combien gagne un kiné salarié ? Ce que disent les textes

À l’hôpital public, les massso-kinésithérapeutes relèvent de la catégorie A des personnels de rééducation. Leur rémunération repose sur un classement indiciaire fixé par décret : à chaque échelon correspond un indice majoré converti en traitement brut mensuel via la valeur du point d’indice. À cela peuvent s’ajouter des primes (ex. indemnité de service public exclusif, sujétions particulières, heures supplémentaires), ainsi que des compléments selon l’établissement ou la région.

En clair, le brut varie selon le grade, l’échelon et l’ancienneté. Pour un ordre de grandeur concret, il faut lire la grille indiciaire en vigueur et la valeur du point à la date de consultation, puis appliquer d’éventuelles primes. Les structures privées appliquent leurs propres conventions collectives, avec des niveaux proches ou distincts selon les accords. Les textes de référence encadrent la grille, mais chaque employeur ajuste les accessoires de rémunération.

Revenus en libéral : tarifs, activité et formule de calcul

En exercice libéral conventionné, la base de rémunération est la NGAP et ses lettres clés (AMK, AMS, AMC…). Le montant payé pour un acte est le produit du coefficient de l’acte par la valeur de la lettre clé.

Point-clé 2024-2026 : la Caisse nationale d’Assurance Maladie a porté la valeur des lettres clés AMK/AMC/AMS à 2,21 € en métropole depuis le 22 février 2024. Les actes sont ainsi rémunérés sur cette base, à laquelle s’ajoutent, le cas échéant, majorations et suppléments prévus par la convention. Les bilans diagnostiques kinésithérapiques (BDK) et de nombreux actes courants sont cadrés par la NGAP et régulièrement listés sur le portail ameli dans la rubrique « Tarifs conventionnels ».

La formule générale d’un kiné libéral sur une période donnée est donc :

Recettes brutes = Somme des actes (coefficient × 2,21 €) + majorations applicables + indemnités de déplacement + éventuels dépassements autorisés

Bénéfice = Recettes brutes − frais professionnels (loyer, charges de cabinet, logiciels et matériel, assurances, véhicule, comptable, rétrocession d’honoraires en cas de collaboration, etc.) − cotisations sociales (maladie, allocations familiales, CSG-CRDS, retraite de base, complémentaire, invalidité-décès, formation, etc.)

Exemple simple pour se repérer

Hypothèses pédagogiques sur un mois « type » : 110 séances de rééducation cotées AMK 7,5, sans dépassement, sans déplacements, ni majorations. Avec une valeur de lettre clé à 2,21 €, la recette brute issue des actes est de 110 × (7,5 × 2,21) ≈ 1 826 €. Si l’on ajoute 20 BDK cotés à un coefficient spécifique et d’autres actes plus valorisés, ou des domiciles, la recette monte rapidement. Moralité : le volume d’actes, le mix d’actes et les majorations pèsent davantage que tout le reste sur le chiffre d’affaires.

Pour approcher un « net », il faut ensuite retrancher :

  • les frais fixes et variables de cabinet ;
  • les cotisations sociales dont l’assiette et les barèmes évoluent à compter de la régularisation 2025 (payée en 2026) avec la réforme en cours ;
  • l’impôt sur le revenu ou l’impôt sur les sociétés selon le régime choisi (à distinguer des cotisations).

À titres indicatifs, dans les professions libérales de santé, les cotisations et contributions sociales représentent une part significative du bénéfice, et leur calcul dépend étroitement du niveau de revenu (barèmes progressifs), du régime (réel/micro), des aides aux débuts d’activité et des caisses de retraite et prévoyance propres aux auxiliaires médicaux. L’Urssaf publie les barèmes et les modalités mises à jour chaque année ainsi que les effets de la réforme de l’assiette sociale.

Salariat, libéral, mixte : quel impact sur le revenu final ?

Trois réalités structurent le niveau de vie d’un kinésithérapeute :

1) La prévisibilité. En salariat, le revenu est plus stable et lisible : grille indiciaire, compléments, 13e mois éventuel, congés payés et protection sociale de salarié. En libéral, la recette varie avec la patientèle, le taux d’occupation et la saisonnalité. L’activité mixte combine une base stable avec un complément d’honoraires.

2) Le temps non facturé. Gestion, administratif, coordination, déplacements à domicile, participation à des programmes territoriaux : en libéral, ces temps pèsent sur la journée et réduisent les créneaux facturables. C’est un poste à intégrer dans l’équation économique.

3) La géographie. Les analyses annuelles de l’Assurance Maladie montrent des écarts d’honoraires sans dépassement selon les territoires, liés à la démographie, aux profils de patientèle et au mix d’actes. Une lecture départementale ou régionale aide à caler son prévisionnel et à négocier un loyer cohérent.

Charges d’un kiné libéral en 2026 : ce qui change et comment estimer

Réforme de l’assiette sociale. À partir de la régularisation des cotisations de l’année 2025 (réalisée en 2026), l’Urssaf applique une nouvelle assiette et de nouveaux barèmes pour les travailleurs indépendants, y compris les auxiliaires médicaux. La structure des taux évolue, et la répartition des contributions est ajustée. Conséquence pratique : deux kinés ayant le même chiffre d’affaires mais des frais professionnels différents n’auront pas le même bénéfice ni les mêmes cotisations.

Méthode d’estimation. Pour un prévisionnel sérieux, partez de votre volume d’actes visé, traduisez-le en honoraires via la NGAP et les lettres clés, ajoutez les majorations pertinentes, puis soustrayez : loyers et charges du local, matériel/logiciels, assurances, déplacements, rétrocessions (si collaboration), comptabilité, communication et formation. Intégrez enfin les cotisations selon votre revenu estimé et votre régime. Les simulateurs et barèmes Urssaf à jour, complétés par les notices de votre caisse de retraite et de prévoyance, donnent la maille nécessaire.

Repères concrets pour répondre à la question « combien »

. En salariat, le « salaire kiné » se lit sur la grille indiciaire applicable aux personnels de rééducation de catégorie A. Le montant brut dépend de l’échelon et des primes. Pour évaluer votre net, tenez compte des cotisations de salarié et des compléments éventuels de l’établissement.

. En libéral, la valeur des lettres clés est aujourd’hui de 2,21 € en métropole. Le revenu dépend d’abord du volume d’actes et de leur cotation, puis des charges fixes de cabinet et des cotisations après la réforme d’assiette. Les fichiers « Zoom » d’ameli donnent un cadrage territorial des honoraires moyens, utile pour éviter les surestimations.

. En mixte, additionnez le traitement indiciaire net estimé et un scénario réaliste d’honoraires NGAP, en gardant une marge pour le temps administratif et les périodes creuses. Ce montage est souvent choisi pour lisser le risque économique tout en conservant une activité autonome.

En pratique, si vous préparez une installation ou une évolution de poste, appuyez-vous sur la grille indiciaire pour le salariat et, côté libéral, bâtissez un prévisionnel simple par nombre de séances × cotation assorti d’un tableau de charges. Revenez ensuite aux barèmes Urssaf de l’année et à la valeur de lettre clé en vigueur pour valider vos hypothèses, puis ajustez votre stratégie d’actes et d’horaires.

Sources

ameli.fr (Assurance Maladie) : Tarifs conventionnels. Masseur-kinésithérapeute : https://www.ameli.fr/masseur-kinesitherapeute/exercice-liberal/facturation-remuneration/tarifs-conventionnels/tarifs

Caisse nationale d’Assurance Maladie (circulaires) : Revalorisation des tarifs et des coefficients des actes. CIR-13-2024 (valeur des lettres clés à 2,21 €) : https://circulaires.ameli.fr/sites/default/files/directives/cir/2024/CIR-13-2024.pdf

Urssaf : Réforme de l’assiette sociale et du barème des cotisations des indépendants (application à la régularisation 2025 en 2026) : https://www.urssaf.fr/accueil/independant/comprendre-payer-cotisations/reforme-cotisations-independants.html

Urssaf : Taux de cotisations. Artisans, commerçants et professions libérales, précisions et barèmes 2024-2026 : https://www.urssaf.fr/accueil/outils-documentation/taux-baremes/taux-cotisations-ac-plnr.html

Légifrance : Décret relatif au classement indiciaire des personnels de rééducation de catégorie A (dont masseurs-kinésithérapeutes) : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000035401772

ameli.fr (Études et données) : Zoom sur les masseurs-kinésithérapeutes libéraux, fiche 2024 : https://www.assurance-maladie.ameli.fr/etudes-et-donnees/zoom-ps-masseurs-kinesitherapeutes-liberaux

INSEE : Les revenus d’activité des non-salariés en 2022, repères macro : https://www.insee.fr/fr/statistiques/8246378