La somme d’une suite géométrique se calcule avec une formule simple dès que l’on connaît le premier terme et la raison. Voici les expressions à utiliser selon la convention d’indexation choisie, puis des exemples entièrement corrigés pour s’entraîner et éviter les pièges les plus courants.
Somme d’une suite géométrique finie : la formule essentielle
On appelle suite géométrique toute suite définie par un+1 = q × un où q est la raison, non nulle.
Formule avec premier terme u0 (indexation à partir de 0). Pour n ≥ 0 :
Sn = u0 + u1 + … + un = u0 × (1 − qn+1) ⁄ (1 − q), si q ≠ 1.
Si q = 1, les termes sont constants et Sn = (n + 1) × u0.
Formule avec premier terme a = u1 (indexation à partir de 1). Pour n ≥ 1 :
Tn = a + aq + … + aqn−1 = a × (1 − qn) ⁄ (1 − q), si q ≠ 1.
Si q = 1, alors Tn = n × a.
Bien choisir sa convention d’indexation
Deux usages coexistent en France selon les cours et manuels. Pour éviter les erreurs, identifiez toujours :
- le rang de départ (0 ou 1) ;
- le nombre de termes effectivement additionnés.
Passer de l’une à l’autre est immédiat : si a = u1 et un = u0 × qn, alors additionner n termes à partir de a revient à additionner n + 1 termes à partir de u0 avec u0 = a ⁄ q, quand q ≠ 0.
Somme partielle entre deux rangs
On a souvent besoin de la somme de up à un avec p ≤ n.
Somme de p à n : up + … + un = up × (1 − qn−p+1) ⁄ (1 − q), si q ≠ 1. Si q = 1, la somme vaut (n − p + 1) × up.
Cas particuliers et erreurs fréquentes
Raison égale à 1. La formule avec le dénominateur 1 − q n’est pas applicable. Il faut revenir à une somme de termes constants.
Raison négative. La formule reste valable ; la somme alterne en signe. Vérifiez le nombre de termes ajouté.
Puissance finale. L’exposant est toujours “nombre de termes” pour l’indexation choisie : n pour une somme de n termes à partir de u1, et n + 1 pour une somme de 0 à n.
Démonstration éclair en deux lignes
Pour Tn = a(1 + q + … + qn−1), on multiplie par q : qTn = a(q + … + qn). En soustrayant, Tn − qTn = a(1 − qn). Donc Tn = a(1 − qn) ⁄ (1 − q) si q ≠ 1.
Exemples corrigés pas à pas
Exemple 1. Premier terme donné, raison positive
On considère la suite géométrique (un) définie par u0 = 3 et q = 2. Calculer S4 = u0 + … + u4.
On utilise la formule avec u0 : S4 = 3 × (1 − 25) ⁄ (1 − 2) = 3 × (1 − 32) ⁄ (−1) = 3 × 31 = 93.
Vérification rapide en listant : 3 + 6 + 12 + 24 + 48 = 93.
Exemple 2. Indexation à partir de 1
On a a = 5 et q = 0,4. Calculer T6 = 5 + 5×0,4 + … + 5×0,45.
T6 = 5 × (1 − 0,46) ⁄ (1 − 0,4) = 5 × (1 − 0,004096) ⁄ 0,6 = 5 × 0,995904 ⁄ 0,6 ≈ 5 × 1,65984 = 8,2992.
Interprétation : comme la raison est inférieure à 1, la somme reste proche de la limite a ⁄ (1 − q) = 5 ⁄ 0,6 ≈ 8,333…
Exemple 3. Somme partielle entre deux rangs
Suite géométrique définie par u0 = 10 et q = 1,5. Calculer la somme de u3 à u7.
On commence par u3 = 10 × 1,53 = 33,75. Nombre de termes : 7 − 3 + 1 = 5.
Somme = u3 × (1 − q5) ⁄ (1 − q) = 33,75 × (1 − 1,55) ⁄ (1 − 1,5).
On calcule 1,55 = 7,59375. Numérateur : 1 − 7,59375 = −6,59375. Dénominateur : −0,5. Somme = 33,75 × (−6,59375) ⁄ (−0,5) = 33,75 × 13,1875 = 445,59 environ.
Exemple 4. Raison négative
Suite géométrique avec a = 4 et q = −0,5. Calculer T8.
T8 = 4 × (1 − (−0,5)8) ⁄ (1 − (−0,5)) = 4 × (1 − 0,00390625) ⁄ 1,5 = 4 × 0,99609375 ⁄ 1,5 ≈ 2,65625.
Remarque : les termes alternent en signe mais la somme reste positive, car |q| < 1.
Exemple 5. Cas q = 1
Suite géométrique constante un = 7. Somme des 20 premiers termes à partir de u1 : T20 = 20 × 7 = 140.
Applications rapides et repères pratiques
Modélisation d’évolutions à taux fixe. La somme géométrique intervient pour cumuler des quantités multipliées à chaque étape : remises successives, échos sonores atténués, pertes ou gains répétés. Dans un tableur, on peut générer la colonne des termes puis utiliser la formule fermée pour vérifier le total.
Indice pour les contrôles. Repérez l’indexation, isolez le nombre de termes, puis appliquez la bonne version de la formule. En cas de doute, testez avec 2 ou 3 termes listés à la main pour valider le sens de l’exposant.
FAQ express
Comment retrouver la raison et le premier terme à partir de deux termes connus ?
Si vous connaissez up et un avec p ≠ n, alors q = (un ⁄ up)1/(n−p) et up = u0 × qp permet de remonter à u0 puis à u1 = u0 × q.
Peut-on sommer une suite géométrique à l’infini ?
La formule ci-dessus concerne une somme finie. Si |q| < 1, la somme partielle tend vers une limite a ⁄ (1 − q) quand le nombre de termes croît, un repère utile pour estimer l’ordre de grandeur d’une somme longue.
Et si la raison est nulle ?
Par définition, la raison d’une suite géométrique n’est pas nulle. Si l’on force q = 0, la suite devient 0 à partir du second terme, et les formules ci-dessus n’ont plus d’intérêt pratique.
En résumé : identifiez l’indexation, posez le premier terme et la raison, puis appliquez la formule (1 − qn) ⁄ (1 − q) adaptée à votre point de départ. Un dernier contrôle numérique sur quelques rangs évite la quasi-totalité des erreurs.
Sources
Éduscol (Ministère de l’Éducation nationale) : Somme des termes consécutifs d’une suite géométrique (programme et documents d’accompagnement) : https://cache.media.eduscol.education.fr/file/Programmes/62/2/ST2S_doc_acc_111622.pdf
Édubase (Ministère de l’Éducation nationale) : Somme des termes d’une suite géométrique : https://edubase.eduscol.education.fr/fiche/22329