Le diplôme national de master correspond en France à un niveau bac +5 reconnu par l’État. Il s’obtient après 2 années d’études au-delà de la licence, soit 120 crédits ECTS, et il relève du niveau 7 de la nomenclature nationale des certifications. C’est ce qui le distingue d’autres formations bac +5 qui ne sont pas toutes des diplômes nationaux.
Diplôme national de master : niveau et cadre officiel
Le diplôme national de master s’inscrit dans le deuxième cycle de l’enseignement supérieur. Il sanctionne 120 crédits européens au-delà du grade de licence et atteste la maîtrise de connaissances et de compétences approfondies dans une mention (droit, informatique, MEEF, chimie, etc.). La référence juridique figure dans le code de l’éducation, qui encadre le cycle master et précise les conditions de délivrance du grade correspondant. En France, ce diplôme est classé au niveau 7 de la nomenclature des diplômes, au même niveau que le diplôme d’ingénieur.
Concrètement, 120 ECTS correspondent à deux années d’études à temps plein (M1 et M2), avec des unités d’enseignement capitalisables et transférables. Ce référentiel ECTS facilite la lisibilité du diplôme au sein de l’espace européen de l’enseignement supérieur.
Reconnaissance en France : grade, niveau et accès aux concours
Le diplôme national de master est un diplôme d’État délivré par un établissement public d’enseignement supérieur (université, école interne comme un IAE, etc.) ou, dans certains cas, en co-diplomation avec un autre établissement autorisé. Il confère le grade de master, signe académique officiel du niveau de deuxième cycle, quelle que soit la voie d’obtention (formation initiale, apprentissage, reprise d’études, VAE). Ce grade garantit l’éligibilité du titulaire à la plupart des concours de la fonction publique de catégorie A et à l’inscription en doctorat, sous réserve des conditions propres à chaque voie.
La nomenclature nationale positionne le master au niveau 7. Ce classement est utile pour la lecture par les employeurs, pour l’inscription aux concours et pour comparer des certifications entre elles. Dans les fiches de poste, il est ainsi fréquent de voir « niveau bac +5 / niveau 7 exigé » pour des fonctions d’encadrement, d’expertise ou d’ingénierie.
Reconnaissance en Europe et à l’international : que faut‑il comprendre ?
Au sein de l’espace européen, les 120 ECTS situent le diplôme national de master dans le deuxième cycle universitaire. La structure LMD et l’usage des crédits favorisent la mobilité académique et la poursuite d’études. Hors d’Europe, la reconnaissance dépend des règles locales des universités, employeurs ou ordres professionnels. Pour constituer un dossier solide, veillez à faire apparaître sur votre CV et vos justificatifs le titre exact du diplôme, la mention et le volume ECTS.
Ce qui distingue le diplôme national de master des autres bac +5
Plusieurs parcours aboutissent à un niveau bac +5, mais leur statut diffère. Voici l’essentiel pour ne pas confondre :
- Diplôme national de master (DNM) : diplôme d’État, 120 ECTS après la licence, niveau 7, confère le grade de master. Délivré par des établissements publics autorisés, parfois en partenariat.
- Diplôme d’ingénieur : diplôme d’État spécifique de même niveau 7, qui confère aussi le grade de master. Le cursus et l’accréditation suivent un cadre propre à l’ingénierie.
- Formations avec « grade de master » sans être un DNM : certaines écoles, notamment de management, peuvent délivrer un diplôme qui confère le grade de master à leurs titulaires lorsqu’elles sont autorisées par le ministère après évaluation. Ces diplômes ne sont pas des diplômes nationaux de master, même s’ils portent le grade et se situent au même niveau 7.
- Titres ou certificats de niveau 7 : des certifications inscrites au répertoire national peuvent attester un niveau bac +5 sans être un diplôme d’État ni conférer le grade universitaire. Leur reconnaissance est professionnelle et dépend du périmètre d’homologation.
- Labels d’école (ex. MBA, MSc maison, « mastère spécialisé ») : selon les cas, ce ne sont pas des diplômes nationaux. Ils peuvent être de très bon niveau mais ne confèrent pas automatiquement le grade de master ni un statut de diplôme d’État. Vérifiez toujours le grade, le niveau et, le cas échéant, l’inscription au RNCP.
La clé de lecture : le grade est un signe académique adossé au code de l’éducation, le diplôme national est un titre d’État, et le niveau 7 est une position dans la nomenclature française des certifications. Un même bac +5 peut donc relever de statuts différents.
Accès, sélection et crédits : ce que prévoit le code de l’éducation
L’admission en première année de master se fait sur dossier dans le cadre fixé par le code de l’éducation. Pour les titulaires d’un diplôme national de licence, des dispositifs réglementaires existent lorsqu’aucune réponse positive n’a été reçue sur les candidatures en M1, avec possibilité de saisine du recteur selon des cas précisément encadrés. Ces dispositions s’appliquent au « diplôme national de master » et s’inscrivent dans le fonctionnement de la plateforme dédiée et du calendrier annuel.
Une fois admis, l’étudiant valide progressivement des ECTS via des unités d’enseignement, stages, mémoires ou projets, jusqu’à atteindre les 120 crédits. Les établissements peuvent proposer de l’alternance ; dans ce cas, le nombre de crédits ne change pas, seule la modalité pédagogique diffère.
Comment vérifier le niveau et la valeur d’une formation bac +5
Avant de s’engager, posez trois questions simples :
- Le document final est-il un diplôme national de master délivré au nom de l’État, ou un diplôme propre à l’établissement ?
- Le diplôme confère-t-il le grade de master en application du code de l’éducation ?
- Le diplôme ou la certification est-il officiellement positionné au niveau 7 de la nomenclature française ?
La fiche formation de l’établissement et l’arrêté d’autorisation quand il existe doivent préciser ces éléments. En cas de doute, comparez la mention du diplôme, le nombre d’ECTS et le statut de l’établissement qui délivre le titre.
Exemples concrets pour s’orienter
. Vous visez la recherche ou l’inscription en doctorat : privilégiez un diplôme national de master dans une mention en lien avec votre projet scientifique. La continuité académique et la lisibilité internationale du grade faciliteront la démarche.
. Vous ciblez un concours de la fonction publique de catégorie A : vérifiez que votre diplôme est un DNM ou qu’il confère le grade et qu’il est de niveau 7. Certains concours exigent explicitement un diplôme national ; lisez bien l’avis d’ouverture.
. Vous hésitez entre un « MSc » d’école et un master d’université : comparez le statut (diplôme national ou non), le grade affiché, le niveau et les ECTS. Un MSc peut être pertinent pour des objectifs professionnels ciblés, mais il n’est pas automatiquement un diplôme d’État conférant grade de master.
À retenir pour faire le bon choix
Le diplôme national de master cumule trois garanties : diplôme d’État, grade de master et niveau 7 avec 120 ECTS. D’autres bac +5 peuvent partager une ou deux de ces caractéristiques sans les réunir toutes. Avant de candidater, lisez les libellés exacts et confrontez-les au cadre réglementaire. C’est la meilleure manière d’éviter les confusions et d’aligner votre diplôme avec vos objectifs (concours, doctorat, mobilité, emploi).
Sources
Service-public.fr (DILA) : Quelle est la nomenclature des diplômes par niveau ? : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F199
Légifrance (Code de l’éducation, articles D612-33 à D612-36-4) : Section 2. Le deuxième cycle (Le grade de master, 120 ECTS au-delà de la licence, établissements autorisés) : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000027864476/